Résultats probants des itinéraires agroécologiques en colza pour protéger l’eau
Les premiers résultats de l’essai agroécologique montrent une plus faible attaque de grosses altises en sortie d’hiver avec 0,4 larve par plante notées en moyenne, contre 3,3 sur les parcelles témoins, soit une diminution de près de 90 % de la pression en ravageurs. « Le colza est tout à fait capable de tolérer cette présence, explique Michael Lomme, conseiller de la Chambre d’agriculture de la Vienne. Un traitement insecticide s’avère en revanche nécessaire dans la bande témoin pour gérer les larves. »
Dans les parcelles conduites avec cet itinéraire vertueux, trois fois plus de biomasse est mesurée, en comparaison aux parcelles de colza conduites classiquement. Le sol s’enrichit en matière organique. Les agriculteurs ont réduit les apports d’azote au printemps. Au final, la bande associant tous les leviers permettant de réussir l’implantation du colza a fait 35 q/ha alors que la bande témoin ne produit que 24 q/ha.
« Dans la bande semée avec un colza de variété hybride dont la semence est traitée avec le biocontrôle Integral® Pro et en association avec de la féverole et du fenugrec, nous avons obtenu 550 g à 600 g de biomasse de colza par m² auxquels s’ajoutent 1,3 kg de plantes associées, poursuit Michael Lomme. Ce résultat montre que le lisier de porc a été bien valorisé. » Un bon point pour éviter la migration des nitrates à l’automne vers la nappe phréatique. Pour l’animateur du syndicat Eaux de Vienne, Jimmy Journaud, cet itinéraire innovant est gagnant-gagnant : « Il diminue les utilisations de phytosanitaires et nous permet de préserver une culture qui est favorable à la qualité de l’eau.»