Le biocontrôle : un marché en progression
Au sein de notre département R&D nous travaillons à la mise au point de formulations en biocontrôle issues de micro-organismes ou composées de substances naturelles. L’accès aux innovations se renforce grâce aux accords de partenariat que nous scellons avec d’autres société de recherche, des universités et des laboratoires publics.
L’offre en produits de biocontrôle doit s’étoffer notamment sur nos cultures stratégiques, blé, colza et vigne. Pour répondre à cet objectif, nous repensons nos investissements dans l’innovation. Si 11% de notre chiffre d’affaires reste affecté à la R&D pour mettre au point des produits phytopharmaceutiques, la part dédiée au biocontrôle s’accroît à horizon 2030.
Notre première solution biocontrôle remonte aux années 60 avec le soufre mais c’est avec les phéromones que nous nous sommes démarqués à partir des années 80. « Nous avons été les premiers à engager des programmes de recherche sur les médiateurs chimiques dans le cadre d’un partenariat avec l’Inra dès 1978, raconte Anne Resweber, responsable biocontrôle France BASF. Nos travaux portaient sur la tordeuse orientale du pêcher. La solution a été lancée en 1995 puis nous avons développé progressivement la gamme biocontrôle en vigne et également sur d’autres ravageurs. Nous continuons à explorer d’autres applications. »
En 2012, l’acquisition de Becker-Underwood signe notre entrée sur le segment des spécialités de biocontrôle composées de micro-organismes.
Pour accélérer la mise à disposition de solutions de biocontrôle pérennes, nous avons noué des partenariats avec des start-ups dans le cadre de notre stratégie d’Open-Innovation dont celui avec Plant advanced technologies.
Cette entreprise localisée en Lorraine isole des biomolécules aux propriétés biopesticides à partir des exsudats des racines. Notre rôle est d’aider au screening et à la formulation de nouvelles solutions de biocontrôle.
De nombreux projets en biocontrôle issus de la recherche française privée et académique sont en cours d’évaluation en 2021.
Depuis 2019, nous avons rejoint le réseau des Sociétés d'accélération de transfert de technologies, SATT, lequel nous donne accès à 80 % de la recherche publique. Ce réseau, positionné comme une interface entre les projets de recherche française, aide à valoriser les innovations en lien avec les besoins des partenaires privés. Nous soutenons aussi le consortium biocontrôle INRAe public-privé.
Si dans le cadre de ses politiques publiques, la France est vraiment en avance pour accompagner la montée en puissance des solutions de biocontrôle dans les itinéraires agroécologiques, notamment à travers la stratégie nationale biocontrôle, les autres pays européens se mobilisent. Aussi, pour être performante, notre recherche doit pouvoir répondre aux attentes des agriculteurs à l’échelle mondiale. Nous travaillons de façon transversale entre tous les pays. Cette recherche se conduit dans notre centre de Limburgerhof en Allemagne, et dans le cadre d’une veille engagée avec des entreprises privées et des structures publiques. Même si la découverte de solutions de biocontrôle efficaces demande du temps, l’intérêt grandissant des fonds d’investissement pour soutenir ce secteur témoigne de son potentiel économique dans les dix prochaines années.