Aranda®
S’il y a 10 ans, on ne désherbait à l’automne uniquement quand les conditions étaient particulièrement propices (peu de pluies et des températures douces) ; il n’en est plus rien ! Intervenir à l’automne est devenu incontournable.
En effet, les solutions anti-graminées de sortie d’hiver ont perdu en efficacité, parce que les conditions d’utilisation ne peuvent être optimales et parce que les applications répétées de mêmes modes d’action ont sélectionné des adventices résistantes.
Pour lutter contre le salissement des parcelles, il existe des leviers agronomiques – dont la majorité sont à mettre en place à l’automne ; et des leviers chimiques.
Si les leviers agronomiques présentent des efficacités intéressantes sur les graminées (figure 1), ils ont aussi des limites. Il est possible donc de trouver un ou plusieurs leviers plus facilement utilisables sur une parcelle ou une exploitation :
Les herbicides utilisables dès l’automne, présentent un intérêt et une complémentarité vis-à-vis des herbicides de sortie d’hiver.
Figure 2 : impact du désherbage d’automne sur le rendement (18 essais de 2005 à 2014, flore vulpin ou ray-grass ; infestation médiane : 388 épis /m²).
Figue 3 : efficacité théorique d’un programme automne puis sortie d’hiver vs sortie d’hiver seulement.
Dans le cas de résistances avérées aux groupes 1 et 2, la seule solution est de passer à l’automne, une ou deux fois.
Utiliser des modes d’action variés permet d’éviter de focaliser la pression sur un seul mode d’action et assure la possibilité de conserver des substances efficaces dans les années à venir. Raisonner son désherbage à l’échelle de la rotation permet de diversifier les modes d’action utilisés, en jouant sur leur alternance et leur association.
Figure 4 : les modes d’action utilisable pour gérer les graminées dans les céréales
Si la lutte à l’automne cible surtout les graminées, n’oublions pas que les substances actives ont aussi des efficacités sur dicotylédones ; il est donc possible de gérer également à l’automne un problème de dicots, par exemple, la pendiméthaline est la substance la plus efficace sur coquelicot, comme le montre la figure 5.
Figure 5 : efficacité de Trooper (pendiméthaline + flufenacet) sur coquelicot.
Les produits racinaires sont plus « complexes » à utiliser que les foliaires de sortie d’hiver ; pour optimiser leur efficacité et leur sélectivité, il convient de respecter les bonnes pratiques indiquées dans le tableau suivant :
| Les pratiques | Impact positif sur l’efficacité | Impact positif sur la sélectivité |
| Sol soigneusement préparé, semis régulier bien couvert (2,5 cm) | V | V |
| Privilégier un sol humide au moment de l’application | V | |
| Décaler l’application si de fortes pluies sont annoncées après traitement | V | |
| Sur sols sableux privilégier les applications en post-levée | V | |
| Sur des sols très argileux ou avec un taux de matière organique > 6% et sur sols très caillouteux, privilégier l’utilisation de produits à action foliaire | V | |
| Sur sols hydromorphes, privilégier l’utilisation de produits à action foliaire | V |
Quoiqu’il en soit, il convient de respecter les conditions d’emploi des herbicides, et d’en consulter les étiquettes.