« Les agriculteurs viennent peu à peu au désherbage d’automne »
Matthieu Huertas, agent de relation culture à la coopérative agricole de Lorraine, secteur de Blamont
Les agriculteurs de Lorraine sont fortement touchés par la présence de mauvaises herbes résistantes aux produits phytosanitaires. Matthieu Huertas les pousse à adopter des pratiques agronomiques qui cassent le cycle des adventices et à passer au désherbage d’automne.
« En Lorraine, la résistance des mauvaises herbes aux produits phytosanitaires rend le désherbage de printemps très compliqué. Cette année, son efficacité a varié de 30 à 90% selon les parcelles. Le problème est tel que certains agriculteurs se découragent et envisagent de diminuer leurs surfaces de céréales. Face à cette situation, nous encourageons les pratiques agronomiques qui permettent de réduire la pression en adventices. Notamment celles qui cassent le cycle des mauvaises herbes.
Le faux-semisC’est la technique la plus efficace dans notre région. Nous la conseillons dès que les situations de sol et de climat le permettent.
Les rotationsNous recommandons de les allonger. Ceux qui font de l’élevage peuvent, par exemple, implanter de l’herbe, qui servira à nourrir les animaux.
Le labour Il permet d’enfouir profondément les graines pour leur faire perdre leur capacité de germination. Nous recommandons d’alterner les années avec et sans labour.
Nous cherchons aussi à diversifier les matières actives, mais l’éventail de solutions se restreint d’année en année.
Nous encourageons enfin le désherbage d’automne. Aujourd’hui, il n’est pratiqué que par 15 ou 20% des agriculteurs que je suis. Cette stratégie de désherbage n’est pas entrée dans les mœurs, notamment parce que les éleveurs sèment le blé après le maïs, donc assez tardivement. Du coup, les conditions climatiques ne sont pas toujours au rendez-vous pour réaliser un désherbage à l’automne. J’essaie de leur expliquer qu’on peut contourner la difficulté en appliquant l’herbicide pendant le semis. Peu à peu, les choses bougent. »