Distances de Sécurité Riverain (DSR) et ZNT
Découvrez les points importants à retenir pour respecter ces distances de sécurité riverain
Face à la résistance aux fongicides développé par certaines souches pathogènes, comment préserver le plus longtemps possible l’efficacité des solutions disponibles ? C’est tout l’enjeu de la gestion des modes d’action fongicides en viticulture. Elle passe par une combinaison de mesures appropriées (mesures prophylactiques, choix des spécialités, alternance et association des modes d’action, qualité de pulvérisation…) et la mises en œuvre de stratégies d’utilisation des produits fongicides.
Quand une maladie fongique se déclare dans un vignoble, elle est la résultante d’une infection provoquée par des spores différentes d’un même champignon. On appelle cet ensemble, une population.
Chacune de ces spores présente des caractéristiques génétiques qui lui sont propres faisant que certaines d’entre elles peuvent être naturellement plus ou moins sensibles à l’action d’un fongicide unisite. On dit communément qu’elles sont plus ou moins sensibles (A, B, C et D) ou résistantes (E).
Les spores résistantes en très petit nombre dans la nature au départ, non détectables au sein des vignobles, se développeront après élimination des plus sensibles, par un jeu naturel de croisements génétiques au fur et à mesure des applications successives d’un même mode d’action fongicide (= ensemble de matières actives ayant la même cible moléculaire chez un agent pathogène. Ex. SDHI, CAA...).
La résistance est un phénomène naturel. Dans la nature, la(les) mutation(s) conférant la résistance d’un champignon à un mode d’action donné n’apparaît pas suite à l’application de celui-ci. L’origine de la résistance provient de spores préexistantes dans la nature (variabilité génétique), présentes à une fréquence suffisamment faible pour passer inaperçues. Ce sont les applications répétées d’un même mode d’action, sans aucune mesure de gestion, année après année qui vont sélectionner rapidement ces spores.
Nous pouvons donc vivre avec des résistances si elles sont gérées de manière adéquate pour limiter leur évolution. La résistance aux IBS chez l’agent responsable de l’oïdium de la vigne a été identifiée pour la première fois à la fin des années 80. Nous savons que cette résistance est largement observée au niveau des vignobles français et qu’il existe une résistance croisée entre les différentes matières actives appartenant à ce mode d’action. Malgré cela, les IBS continuent à être utilisés avec succès. En pratique, au vignoble, nous pouvons donc vivre avec des résistances si elles sont gérées de manière adéquate pour limiter leur évolution.
Les Qol anti-mildiou vraiment finis ? La résistance du mildiou aux QoI a largement régressé : aujourd’hui, 1 souche sur 2 est de nouveau sensible aux QoI… devons-nous réellement nous priver de ce mode d’action ou repenser l’utilisation dans un programme anti-mildiou ?
La gestion des modes d'action concerne tous les produits. La gestion de la résistance est une démarche continue, qui débute avec l’évaluation du risque de résistance (pendant le développement du produit) et se poursuit par la sélection de mesures appropriées (avant la mise sur le marché) et la mise en oeuvre de différentes stratégies (pendant toute la durée de l’utilisation commerciale de la matière active). La gestion d’un mode d’action doit se faire dès son introduction sur le marché… Il ne faut pas attendre que la résistance se développe pour agir de façon responsable.
En surveillant la sensibilité de l’agent pathogène visé pour savoir si les stratégies d’utilisation du produit formulé au vignoble sont toujours pertinentes ou non. Cette surveillance repose principalement sur l’analyse des résultats obtenus par 2 méthodes d’évaluations complémentaires :
Chaque année, la confrontation des résultats de ces deux méthodes conduit à l’élaboration des recommandations pour l’année suivante. Le respect de ces recommandations doit permettre d’apporter l’efficacité en pratique des programmes de protection mis en oeuvre par les viticulteurs.
La gestion des modes d'action : faire la part des choses... La résistance est un enjeu majeur de la réussite de la protection. Il n’en reste pas moins que les premières causes d’échec au vignoble sont d’abord liées à la qualité de pulvérisation ou au programme mis en oeuvre (choix des produits, positionnement, respect des cadences, etc.).
Gérer les modes d'action, c'est du concret. L’objectif premier d’une stratégie de gestion des modes d’action fongicides est de garantir le maintien d’une efficacité optimale de la lutte chimique, pour un usage donné, impliquant l’utilisation de molécules unisites et ce, à la fois dans l’espace et dans le temps.