Diminuer la pression des adventices en amont des stratégies de désherbage
En amont des programmes de désherbage, des pistes de réflexions sont identifiées afin de limiter le salissement des parcelles.
En faisant rapidement de l’ombrage, une variété de maïs à forte vigueur et à port retombant contrarie la croissance des adventices. La réduction de l’écartement entre les rangs de maïs s’inscrit dans ce même objectif grâce à un recouvrement plus rapide de l’inter-rang. Selon les experts agronomiques de la Chambre d’agriculture de Bretagne***, le recouvrement du rang gagne huit à dix jours avec un semis à 50 cm par rapport à 75 cm. Moins serrées sur le rang, les plantes bénéficient d’un meilleur accès à l’eau et aux éléments nutritifs. Le rendement ne baisse pas, voire il s’améliore. Autre effet positif, l’augmentation du nombre de lignes de semis réduit l’érosion en faisant obstacle au ruissellement.
Le semis d’un couvert hivernal limite la levée des adventices en hiver et au printemps. Cette culture intermédiaire améliore la structure du sol, l’enrichit en matière organique et éléments nutritifs. Ainsi, en plus de son intérêt en tant qu’engrais vert, le couvert limite l’érosion et freine le ruissellement, réduisant ainsi le risque de pollution des cours d’eau.
Le succès de cette technique dépend d’une implantation précoce en octobre, laquelle n’est pas toujours compatible avec une récolte tardive du maïs.
Retour d’expérience sur les leviers agronomiques pour gérer les adventices dans le maïs
- Jérôme Sainte-Marie, agriculteur à Lubret Saint-Luc dans les Hautes-Pyrénées et membre du réseau Dephy de la Chambre d’agriculture 65
north_east Jérôme Sainte-Marie cultive 95 hectares sur un sol limoneux . La rotation, de type céréales à paille, soja et maïs est conduite en agriculture de conservation depuis 2002. Les cultures irriguées représentent 43 ha. Jérôme Sainte-Marie a mis en place avec succès ces différents leviers de désherbage du maïs : diminution de l’écartement entre les rangs en 2016, adaptation variétale, implantation de couverts végétaux. Ses conseils : « Pour plus d’efficacité, mieux vaut choisir des variétés bien adaptées à cette densité et combiner plusieurs leviers ». Ces pratiques nécessitent toutefois une réflexion globale au niveau de l’exploitation et l’investissement dans du matériel adapté.
* À savoir sur les captages d’eau potable dits "prioritaires"
En 2009, les ministères du Développement Durable et de la Santé ont établi une première liste de 537 captages dits Grenelle identifiés au titre des pollutions diffuses agricoles (nitrates et phytosanitaires). Cette liste a été complétée en 2013 lors de la Conférence environnementale pour s’établir à 1 114 captages intégrés dans les plans de gestion des Agences de l’eau (SDAGE). Ces captages appelés « captages prioritaires » sont pilotés par le ministère de la Transition écologique pour une démarche de suivi.
** Bulletin technique AGPM Info – mars 2021
*** La France Agricole – 19 mars 2021